Lagon artificiel

Dossier technique du lagon de baignade de 605,14 m² implanté devant le restaurant : géométrie et cubatures, principe d’étanchéité, traitement de l’eau adapté au climat tropical de Parnaíba, consommation énergétique et devis estimatif en réais.

1. Implantation et parti pris

605,14 m² de plan d’eau · ≈ 745 m³ d’eau · profondeur maximale 1,80 m · périmètre ≈ 110 m

Plan masse du lagon artificiel devant le restaurant
Plan masse — le lagon s’enroule autour de la terrasse du restaurant et passe partiellement sous elle
Vue perspective du lagon depuis le restaurant
Vue perspective — la terrasse extérieure vient mordre sur le plan d’eau

Le lagon adopte une forme organique libre, sans aucune ligne droite ni angle rentrant, de façon à être lu comme une lagune naturelle et non comme une piscine. Ce parti pris commande toutes les décisions techniques qui suivent : pas de margelle apparente, pas de skimmer visible depuis les zones de vue, fond en sable clair, blocs rocheux prélevés sur le site, et pente d’entrée assez douce pour qu’on y marche pieds nus sans marche ni échelle.

La terrasse du restaurant chevauche le plan d’eau sur environ 15 mètres linéaires. C’est le point le plus délicat du projet, à la fois structurellement, hydrauliquement et sanitairement. Il fait l’objet d’une section dédiée.

Contraintes du site à intégrer

  • vent d’est quasi permanent, celui-là même qui fait l’intérêt kitesurf du site, et qui charge le plan d’eau en sable et accélère l’évaporation ;
  • sol sableux de littoral, à faible cohésion, imposant des talus doux et un compactage soigné ;
  • nappe phréatique probablement haute, à confirmer impérativement par sondage ;
  • eau qui se stabilisera entre 29 et 32 °C de novembre à mars, ce qui gouverne le choix du traitement ;
  • arbres existants au nord de l’emprise, dont les racines menacent l’étanchéité.

2. Profil de profondeur et cubatures

Profondeur moyenne 1,23 m · déblai ≈ 930 m³ en place

Le bassin est découpé en quatre zones. La demande d’une profondeur permettant de nager conduit à un plateau à 1,60 m, complété d’une fosse à 1,80 m qui sert aussi de point bas de décantation et de zone légèrement plus fraîche. Au-delà de 1,80 m, on perd la lisibilité du fond de sable, on gagne du volume d’eau à traiter, et on aggrave le risque juridique sans bénéfice d’usage.

ZoneProfondeurSurfaceProfondeur moyenneVolume
Plage d’entrée, pente 1:80 à 0,40 m90 m²0,20 m18 m³
Talus de transition, pente 1:40,40 à 1,20 m130 m²0,80 m104 m³
Plateau de nage1,60 m300 m²1,55 m465 m³
Fosse profonde1,80 m85 m²1,75 m149 m³
Total605 m²1,23 m≈ 745 m³

Terrassement

PosteQuantitéBase de calcul
Volume d’eau au niveau normal≈ 745 m³Somme des quatre zones de profondeur, profondeur moyenne 1,23 m
Surprofondeur pour lit de pose≈ 105 m³15 cm de sable réglé sur 700 m² de fond de forme
Marges de talutage et pertes≈ 80 m³Sur-largeur de fouille et modelage des berges
Déblai total en place≈ 930 m³Base de chiffrage du terrassement
Déblai foisonné à manutentionner≈ 1 100 m³Foisonnement de 18 % typique d’un sable de littoral
Sable de quartz de finition≈ 66 m³ soit 105 t10 cm sur le fond plat et la plage

Environ 60 % du déblai est réemployable sur place pour modeler les berges, créer la butte brise-vent au vent et régaler les abords. C’est un poste d’économie réel : ne pas évacuer 560 m³ de sable représente une trentaine de rotations de camion en moins.

3. Étanchéité et métrés de revêtement

≈ 805 m² à étancher · ≈ 950 m² de géomembrane à commander

La surface à étancher n’est pas la surface du plan d’eau. Il faut ajouter l’inclinaison des talus, qui développe la surface réelle d’environ 6 %, puis le retour au-dessus de la ligne d’eau jusqu’à la tranchée d’ancrage, soit une bande de 1,50 m de développé sur les 110 m de périmètre. La commande matière ajoute enfin les recouvrements de soudure et les chutes inévitables sur une forme courbe.

MétréQuantitéBase de calcul
Plan d’eau au niveau normal605,14 m²Donnée du plan masse
Surface développée du bassin≈ 640 m²Plan d’eau corrigé de l’inclinaison des talus, facteur 1,06
Retour au-dessus du plan d’eau et ancrage≈ 165 m²Périmètre de 110 m sur 1,50 m de développé jusqu’à la tranchée
Surface à étancher≈ 805 m²Somme des deux postes précédents
Géomembrane à commander≈ 950 m²Surface à étancher majorée de 18 % pour recouvrements, soudures et chutes
Géotextile inférieur 400 g/m²≈ 950 m²Même métrage que la membrane
Géotextile supérieur 300 g/m²≈ 700 m²Uniquement sous le sable et les blocs rocheux
Périmètre développé≈ 110 mForme organique, environ 1,25 fois le périmètre du cercle équivalent

Choix du complexe d’étanchéité

Trois familles existent sur le marché brésilien. Le PEAD 1,0 mm soudé par thermofusion est retenu : c’est le standard des lagunes, il se soude en double piste contrôlable, il tient les ultraviolets tropicaux et il coûte trois fois moins cher que le PVC armé de piscine. Son seul défaut, une teinte noire peu flatteuse, est sans effet ici puisqu’il est intégralement recouvert de sable.

  • PEAD 1,0 à 1,5 mm — environ 55 à 75 R$/m² posé et soudé. Retenu. Rigide, donc mal adapté aux formes très tourmentées, ce qui impose des rayons de courbure généreux sur les berges.
  • PVC armé 1,5 mm de piscine — 180 à 260 R$/m² posé. Souple, teintes disponibles, mais surcoût de 150 000 R$ sur ce projet pour un fond qui sera de toute façon caché par le sable.
  • Béton projeté puis revêtement quartz-résine — la technique brésilienne des piscinas de areia. Toucher de sable, nettoyage facile, aucune migration de matériau, mais 1 200 à 1 800 R$/m² et un chantier bien plus long. Réservé au scénario premium sur la seule zone de nage.

Le point critique : tenir le sable sur les talus

Dix centimètres de sable libre posés sur une géomembrane glissent au fond dès que la pente dépasse 1:4, en quelques semaines, sous l’effet de la baignade et des vaguelettes de vent. C’est l’erreur classique de ce type d’ouvrage. La parade retenue est une géocellule de 100 mm remplie de sable sur les 220 m² de talus, le sable libre n’étant conservé que sur le fond plat et la plage d’entrée. Le sable retenu est un quartz lavé 0,8 à 1,2 mm, pas du sable de plage local : ce dernier est trop fin, colmate les filtres et devient anoxique.

Chaque bloc rocheux apporté du site repose sur un double géotextile de 800 g/m² et un lit de pose béton coulé sur la membrane. Un bloc posé directement sur le liner le perce, tôt ou tard.

4. Traitement de l’eau en climat tropical

Renouvellement en 12 h · 60 m³/h · chlore libre 0,5 à 1,0 mg/L

C’est ici que se joue la réussite ou l’échec du lagon. Une piscine de 745 m³ traitée comme une piscine collective classique coûterait, en énergie seule, plus que le reste de l’exploitation du restaurant. Les opérateurs de grands lagons récréatifs ont résolu ce problème de la même manière : ne pas filtrer toute l’eau, mais faire tomber les particules au fond puis les ramasser.

ScénarioRecirculationPrincipeÉnergieVerdict
Piscine collective classiqueRenouvellement en 6 h, soit 124 m³/hFiltration à sable intégrale, chlore 1 à 3 mg/L, pas de floculation permanente.15 à 18 kW de pompes, environ 200 kWh par jourÉcarté. Le coût d’exploitation est trois fois supérieur pour une fréquentation de lagon très inférieure à celle d’une piscine publique.
Baignade naturelle biologiqueZone de régénération plantée de 300 à 600 m²Aucun désinfectant, épuration par les plantes et le biofilm sur substrat minéral.2 à 3 kW, très faible consommationÉcarté. À 30 °C d’eau permanents, la charge organique et le risque de cyanobactéries dépassent la capacité du lit filtrant, et la zone de régénération consommerait la moitié de la surface disponible.
Lagon à flux partiel (retenu)Renouvellement en 12 h, soit 60 m³/hFloculation continue au PAC, filtration d’une fraction du volume, ultraviolets en ligne, ultrasons anti-algues et robot de fond quotidien. Chlore libre maintenu bas, entre 0,5 et 1,0 mg/L.5,5 kW de pointe, 70 kWh par jourRetenu. C’est le principe utilisé par les opérateurs de grands lagons récréatifs : agglomérer les particules pour que le fond, et non le filtre, devienne le point de collecte, puis ramasser mécaniquement le dépôt.

Chaîne de traitement retenue

  1. Reprise — 8 bondes de fond anti-vortex et 8 skimmers implantés sur la rive sous le vent, là où le vent d’est concentre naturellement les flottants. Placer des skimmers au vent ne sert à rien.
  2. Préfiltre et pompe — pompe 3 cv à variateur de fréquence, 60 m³/h, capable de descendre à 35 m³/h hors saison.
  3. Floculation en ligne — injection continue de polychlorure d’aluminium en amont des filtres. C’est ce qui agglomère les fines particules et permet le faible taux de recirculation.
  4. Filtration — deux filtres Ø1000 chargés en verre filtrant plutôt qu’en sable : finesse de rétention meilleure, consommation d’eau de lavage inférieure d’environ 30 %, durée de vie du média bien plus longue.
  5. Désinfection ultraviolette — lampes amalgame en corps inox 316L, 60 m³/h. C’est l’élément qui autorise à ne maintenir que 0,5 à 1,0 mg/L de chlore libre, contre 1 à 3 mg/L en piscine classique : moins d’odeur, moins d’irritation, moins de produit consommé.
  6. Chloration régulée — hypochlorite de sodium liquide dosé sur consigne ORP. L’électrolyse au sel a été écartée : à 3 g/L, en air marin, elle attaque toutes les pièces métalliques immergées et les fixations de la terrasse.
  7. Correction de pH — l’eau de puits du Piauí est généralement dure et basique, une correction acide permanente est à prévoir.
  8. Ultrasons anti-algues — deux émetteurs immergés en fonctionnement continu. Ils agissent physiquement sur les vésicules de gaz des cyanobactéries, sans algicide chimique.
  9. Robot de fond — passage nocturne quotidien. Dans ce concept, c’est le robot, et non le filtre, qui extrait la majeure partie des matières.
  10. Télémétrie — supervision à distance du pH, de l’ORP, du débit et du niveau, avec alarme sur dérive. Indispensable : à 30 °C, une dérive non détectée le vendredi soir donne une eau verte le lundi.

Bilan d’eau

PosteQuantitéBase de calcul
Évaporation≈ 3,6 m³/jour6 mm/jour sur 605 m², valeur haute justifiée par le vent permanent de la côte de Parnaíba
Lavage des filtres≈ 0,5 m³/jourDeux contre-lavages hebdomadaires d’environ 8 m³
Entraînement par les baigneurs et éclaboussures≈ 0,3 m³/jourFréquentation modérée de resort
Appoint mensuel total≈ 130 m³/moisÀ prélever au puits, environ 1 560 m³/an

Un appoint de 1 560 m³ par an n’est pas anodin. Il faut vérifier la capacité du puits et le régime d’autorisation de prélèvement auprès des autorités de l’eau du Piauí avant d’arrêter le projet.

Faut-il chauffer ou refroidir ? Mon avis

Aucun chauffage. L’eau ne descendra jamais sous 26 °C, même en juillet. Un chauffage serait une dépense sans objet.

Aucun groupe froid non plus, mais pour une autre raison : refroidir 745 m³ de 2 °C en climat tropical demanderait un groupe de 150 à 250 kW, soit davantage que toute la consommation électrique prévue du site. C’est économiquement indéfendable.

En revanche le problème est réel : de novembre à mars, l’eau se stabilisera entre 30 et 32 °C, c’est-à-dire une eau tiède, agréable mais pas rafraîchissante, et propice aux algues. Trois leviers passifs y répondent, tous déjà intégrés au chiffrage :

  • la cascade nocturne — huit heures de brassage et de projection d’eau la nuit refroidissent le bassin de 1 à 2 °C par évaporation, tout en l’oxygénant. C’est le seul dispositif de rafraîchissement au rapport coût/effet acceptable ;
  • la fosse à 1,80 m — elle reste environ 1 °C plus fraîche et offre une zone de nage réellement agréable en fin d’après-midi ;
  • l’ombre de la terrasse — la partie couverte du lagon est structurellement la plus fraîche du bassin, à condition d’y maintenir une circulation forcée.

Le corollaire à accepter : ce refroidissement par évaporation consomme de l’eau, environ 15 m³ de plus par mois, déjà intégrés au bilan ci-dessus.

5. Interface avec la terrasse du restaurant

≈ 15 m linéaires de terrasse au-dessus du plan d’eau

Trois problèmes se cumulent sur cette zone, et chacun se règle mal après coup.

Structure — ne jamais percer la membrane

La solution intuitive, descendre des poteaux dans le bassin, est la plus mauvaise. Chaque poteau impose une traversée de géomembrane, c’est-à-dire un point de fuite permanent, impossible à inspecter une fois le bassin en eau et impossible à réparer sans vidange.

La solution retenue est un porte-à-faux depuis une poutre de rive implantée en dehors du plan d’eau. Elle coûte plus cher en structure, environ 4 300 R$ du mètre linéaire, mais elle supprime définitivement le risque. Si la portée exigeait malgré tout un appui intermédiaire, il faudrait le réaliser sur une platine béton coulée par-dessus la membrane, avec manchette à bride soudée, et surtout jamais sur un pieu traversant.

Hydraulique — supprimer la zone morte

Une portion de bassin couverte, sans vent et sans courant, sédimente, dégage des odeurs et devient un gîte larvaire à moustiques. Deux buses de retour au minimum doivent être orientées vers le fond de la zone couverte de façon à balayer l’eau vers la partie ouverte, et l’une des bondes de fond doit y être implantée.

Exploitation — pouvoir y accéder

  • hauteur libre minimale de 70 cm entre le plan d’eau et le dessous de la dalle, faute de quoi ni le nettoyage ni l’inspection ne sont possibles ;
  • trappe de visite dans la terrasse et échelle d’accès ;
  • sous-face de la dalle traitée contre l’humidité permanente et les remontées de condensation ;
  • quatre projecteurs subaquatiques dédiés, la zone étant sinon un trou noir vu depuis la salle du restaurant ;
  • garde-corps ou seuil bas en rive de terrasse, la chute dans l’eau depuis une table étant un risque à traiter explicitement.

6. Consommation énergétique

70.2 kWh/jour · pointe 5,5 kW · ≈ 25,6 MWh/an

Les sept équipements du lagon sont enregistrés dans le référentiel énergie du projet, sous les catégories project.lagoon.water-treatment et project.lagoon.effects. Les totaux ci-dessous sont ceux calculés par le générateur et repris dans la page Energy.

ÉquipementQtéPuissance réelleDuréeÉnergie/jour
Pompe de filtration 3 cv à variateur11 800 W12 h21,6 kWh
Stérilisateur UV amalgame 60 m³/h12 000 W12 h24,0 kWh
Automate de dosage pH, ORP et floculant1120 W24 h2,9 kWh
Émetteurs ultrasoniques anti-algues230 W24 h1,4 kWh
Robot nettoyeur de fond1800 W4 h3,2 kWh
Pompe de cascade d’aération nocturne11 300 W10 h13,0 kWh
Projecteurs subaquatiques LED RGBW1645 W5 h3,6 kWh
Total lagon70.2 kWh/jour

Le lagon représente à lui seul environ 83 % de la demande journalière du Lot 1 telle qu’elle est modélisée à ce jour. Ce n’est pas une anomalie de calcul : c’est simplement que les autres postes énergivores du site ne sont pas encore saisis dans le référentiel. Il reste que le lagon est, et restera, le premier consommateur du projet après la cuisine et le froid.

Deux conséquences directes. D’abord, la filtration doit tourner pendant les heures solaires, ce que traduit le profil retenu de 10 h de jour pour 2 h de nuit : c’est de l’autoconsommation photovoltaïque quasi gratuite. Ensuite, la cascade et le robot, qui fonctionnent la nuit, sont classés en charges délestables : en cas de coupure ou de contrainte sur les batteries, ils s’arrêtent sans conséquence.

À titre de comparaison, le scénario « piscine collective classique » consommerait environ 200 kWh par jour, soit près de trois fois plus, et exigerait un raccordement puissant au local technique.

7. Devis estimatif détaillé

Prix Brésil, main-d’œuvre locale de Parnaíba, valeurs 2026 en réais

Estimation de niveau avant-projet, destinée à cadrer le budget et à préparer les consultations fournisseurs. Les prix unitaires sont des ordres de grandeur du marché du Nordeste et doivent être confirmés par cotation ferme, en particulier sur la géomembrane posée et sur le groupe de filtration, qui sont les deux postes les plus dispersés.

A. Études et projet

PosteQuantitéPrix unitaireTotal
Sondage géotechnique SPT
4 sondages jusqu’à 8 m avec relevé du niveau de nappe
4 sondageR$ 2.000R$ 8.000
Projet exécutif pluridisciplinaire
Paysage, hydraulique, structure de la rive, électricité et traitement d’eau
1 forfaitR$ 45.000R$ 45.000
Levé topographique et implantation
Report de la forme organique sur le terrain, piquetage des niveaux
1 forfaitR$ 6.000R$ 6.000
Sous-total A.R$ 59.000

B. Terrassement et fond de forme

PosteQuantitéPrix unitaireTotal
Excavation mécanique
Déblai en place, y compris surprofondeur de 15 cm pour le lit de pose
930 R$ 38R$ 35.340
Réemploi des déblais sur site
Modelage des berges, buttes plantées et brise-vent, environ 60 % du volume
560 R$ 18R$ 10.080
Évacuation hors site
Solde non réemployable, terre végétale et racines
370 R$ 55R$ 20.350
Régularisation, compactage et purge des racines
Surface développée du bassin, sable compacté à 95 % Proctor normal
700 R$ 22R$ 15.400
Drainage périphérique et puits de décompression
Drain agricole en tranchée drainante plus 2 puits à clapet contre la sous-pression de nappe
110 mR$ 130R$ 14.300
Sous-total B.R$ 95.470

C. Étanchéité

PosteQuantitéPrix unitaireTotal
Géotextile anti-poinçonnement 400 g/m²
Sous la géomembrane, sur toute la surface développée plus recouvrements
950 R$ 14R$ 13.300
Géomembrane PEAD 1,0 mm posée et soudée
Soudure double piste par thermofusion, extrusion sur les détails
950 R$ 65R$ 61.750
Géotextile de protection 300 g/m²
Au-dessus de la membrane sous le sable et sous les blocs rocheux
700 R$ 11R$ 7.700
Tranchée d’ancrage périphérique
Section 0,50 × 0,50 m, remblai compacté, sur tout le pourtour
110 mR$ 120R$ 13.200
Essais d’étanchéité et rapport de conformité
Contrôle à l’étincelle des soudures et essai à l’air sous pression sur les doubles pistes
1 forfaitR$ 8.000R$ 8.000
Manchettes de traversée étanches
Bondes, buses de retour, skimmers, fourreaux d’éclairage et appuis de terrasse
40 unitéR$ 380R$ 15.200
Sous-total C.R$ 119.150

D. Berges, fond et blocs rocheux

PosteQuantitéPrix unitaireTotal
Ceinture béton armé de rive
Poutre de couronnement recevant l’ancrage de la membrane et les projecteurs
110 mR$ 450R$ 49.500
Géocellule 100 mm remplie de sable sur talus
Retient le sable sur les pentes, sans quoi il glisse au fond en quelques semaines
220 R$ 95R$ 20.900
Sable de quartz lavé 0,8 à 1,2 mm
Épaisseur 10 cm sur le fond plat et la plage, teinte claire pour la couleur de l’eau
105 tR$ 220R$ 23.100
Mise en place des blocs rocheux du site
Grue, lit de pose béton et double géotextile sous chaque bloc
20 unitéR$ 620R$ 12.400
Plage d’entrée en pente 1:8
Sable stabilisé sur la zone 0 à 40 cm d’eau, entrée pieds nus sans marche
90 R$ 190R$ 17.100
Sous-total D.R$ 123.000

E. Hydraulique du bassin

PosteQuantitéPrix unitaireTotal
Skimmers grande capacité
Implantés sur la rive sous le vent, là où le vent d’est concentre les flottants
8 unitéR$ 1.900R$ 15.200
Bondes de fond anti-vortex
Reliées deux à deux, conformes au principe anti-happement
8 unitéR$ 1.400R$ 11.200
Buses de retour orientables
Dont 4 sous la terrasse pour supprimer la zone morte
18 unitéR$ 320R$ 5.760
Réseau PVC PN10 DN110 et DN75
Aspiration, refoulement, vannes, collecteurs et regards
400 mR$ 145R$ 58.000
Bâche tampon de compensation 8 m³
Absorbe la variation de niveau et sécurise l’amorçage des pompes
1 forfaitR$ 22.000R$ 22.000
Sous-total E.R$ 112.160

F. Local technique et traitement de l’eau

PosteQuantitéPrix unitaireTotal
Local technique maçonné 20 m²
Ventilé, dallé, drainé, avec rétention pour les bidons de réactifs
20 R$ 2.750R$ 55.000
Groupe de filtration
2 filtres Ø1000 à média verre, 2 pompes 3 cv à variateur, vannes 6 voies et collecteurs
1 ensembleR$ 48.000R$ 48.000
Stérilisateur UV amalgame 60 m³/h
Corps inox 316L, permet de tenir un chlore libre bas à 30 °C d’eau
1 unitéR$ 38.000R$ 38.000
Floculation en ligne au polychlorure d’aluminium
Pompe doseuse et point d’injection amont filtres, clé du concept à flux partiel
1 ensembleR$ 9.000R$ 9.000
Régulation pH et ORP avec télémétrie
Sondes, doseuses hypochlorite et correcteur de pH, coffret, supervision à distance
1 ensembleR$ 32.000R$ 32.000
Émetteurs ultrasoniques anti-algues
Traitement physique des cyanobactéries, sans algicide chimique
2 unitéR$ 13.000R$ 26.000
Robot nettoyeur de fond commercial
Passage nocturne quotidien, avec chariot et télécommande
1 unitéR$ 45.000R$ 45.000
Sous-total F.R$ 253.000

G. Électricité, éclairage et effets

PosteQuantitéPrix unitaireTotal
Tableau, câblage et liaison équipotentielle
Différentiels 30 mA, mise à la terre de toutes les pièces métalliques immergées
1 forfaitR$ 28.000R$ 28.000
Projecteurs subaquatiques LED RGBW 12 V
Inox 316L, transformateurs déportés au local technique, pilotage scénique
16 unitéR$ 1.750R$ 28.000
Cascade d’aération nocturne sur blocs
Pompe, réseau, buses et mise en scène hydraulique, refroidit l’eau la nuit
1 ensembleR$ 18.000R$ 18.000
Sous-total G.R$ 74.000

H. Interface avec la terrasse du restaurant

PosteQuantitéPrix unitaireTotal
Poutre de rive et porte-à-faux au-dessus de l’eau
Solution sans appui dans le bassin, donc sans traversée de la membrane
15 mR$ 4.300R$ 64.500
Trappe de visite et échelle d’accès sous terrasse
Inspection de la membrane et de la buse de brassage de la zone couverte
1 forfaitR$ 6.500R$ 6.500
Sous-total H.R$ 71.000

I. Mise en service et abords

PosteQuantitéPrix unitaireTotal
Remplissage initial et mise en eau
745 m³ depuis le puits, correction initiale, chloration choc de démarrage
1 forfaitR$ 9.000R$ 9.000
Paysagisme périphérique et brise-vent
Végétation basse tropicale, écran côté est contre le sable soufflé
1 forfaitR$ 35.000R$ 35.000
Sécurité baignade
Signalétique de profondeur, bouées, perche, échelle, règlement affiché
1 forfaitR$ 7.500R$ 7.500
Sous-total I.R$ 51.500

Récapitulatif

ChapitreMontantPart
A. Études et projetR$ 59.0006.2 %
B. Terrassement et fond de formeR$ 95.47010.0 %
C. ÉtanchéitéR$ 119.15012.4 %
D. Berges, fond et blocs rocheuxR$ 123.00012.8 %
E. Hydraulique du bassinR$ 112.16011.7 %
F. Local technique et traitement de l’eauR$ 253.00026.4 %
G. Électricité, éclairage et effetsR$ 74.0007.7 %
H. Interface avec la terrasse du restaurantR$ 71.0007.4 %
I. Mise en service et abordsR$ 51.5005.4 %
Total travauxR$ 958.280100,0 %
Imprévus et aléas (12 %)R$ 114.994
Total estimatif du lagonR$ 1.073.274R$ 1.774/m²

Le ratio obtenu, R$ 1.774 par m² de plan d’eau, se situe dans la fourchette haute du marché brésilien des piscines naturelles, généralement annoncée entre 1 200 et 3 000 R$/m². Le surcoût par rapport au bas de fourchette s’explique par trois postes spécifiques à ce projet : le porte-à-faux de la terrasse, l’équipement de traitement de niveau commercial, et les mesures liées au sol sableux et à la nappe.

Comparaison des trois niveaux de prestation

ScénarioMontantRatioContenuConséquence
A. ÉconomiqueR$ 640.000R$ 1.058/m²Géomembrane PEAD et sable libre, une seule pompe, filtre à sable, chloration manuelle. Ni ultraviolets, ni ultrasons, ni robot, ni éclairage. Terrasse arrêtée en rive, sans porte-à-faux au-dessus de l’eau.Eau trouble et verte dès la première saison chaude si l’entretien manuel n’est pas rigoureux. Le sable glisse sur les talus faute de géocellule.
B. RecommandéR$ 1.073.274R$ 1.774/m²Le devis détaillé ci-dessus : flux partiel, floculation, ultraviolets, ultrasons, robot, éclairage, cascade nocturne et porte-à-faux de terrasse sans traversée de membrane.Niveau de service et de fiabilité attendu d’un resort. C’est le scénario à retenir comme référence budgétaire.
C. PremiumR$ 1.620.000R$ 2.677/m²Coque en béton projeté avec revêtement quartz-résine sur la zone de nage, membrane PVC armé teintée ailleurs, bord à débordement côté couchant, banquette immergée à bulles, passerelle affleurante et sonorisation subaquatique.Effet visuel maximal et entretien du fond très simplifié, mais le prix double et le chantier passe de quatre à sept mois.

Coût d’exploitation mensuel

PosteBaseMontant mensuel
Électricité2 105 kWh/mois à 0,95 R$/kWhR$ 2.000
Eau d’appoint130 m³/mois pompés au puits, coût d’énergie et de traitementR$ 450
RéactifsHypochlorite de sodium, correcteur de pH, polychlorure d’aluminiumR$ 1.200
Main-d’œuvreUn demi-poste de technicien piscine, charges comprisesR$ 1.600
Provision de renouvellementLampes UV, média filtrant, pièces du robot, jointsR$ 900
Total mensuelR$ 6.150
Total annuelR$ 73.800

Soit environ R$ 122 par m² et par an. Ce chiffre doit figurer au compte d’exploitation du restaurant, dont le lagon est l’argument commercial principal.

8. Options d’effet

Classées par rapport entre impact perçu et coût

Le premier facteur d’effet n’est pas un équipement, c’est la couleur de l’eau, qui dépend uniquement de la clarté du fond et de la profondeur vue. Un fond de sable de quartz clair sous 1,2 m d’eau produit le turquoise attendu ; un fond sombre ou sale le détruit, quel que soit le budget d’éclairage. Tout le reste vient après.

OptionImpactCoûtCommentaire
Plage immergée à pente très douce avec transats dans 15 cm d’eauFortInclus au scénario BL’image la plus vendeuse d’un lagon tropical, et la moins chère à produire.
Fond clair et faible profondeur en périphérieFortInclus au scénario BLa couleur turquoise ne vient ni du liner bleu ni d’un additif, mais du sable clair vu à travers 1,2 m d’eau. C’est le premier levier esthétique.
Îlot rocheux planté d’un palmierFort18 000 à 28 000 R$Utilise les blocs déjà présents sur le site, donne un point focal depuis la terrasse.
Cascade sur blocs, sonore le jour et refroidissante la nuitFortInclus au scénario BLe seul dispositif de rafraîchissement économiquement défendable, avec un vrai bénéfice d’ambiance.
Éclairage subaquatique RGBW scénariséFortInclus au scénario BTransforme complètement le service du soir au restaurant, qui donne directement sur le plan d’eau.
Bord à débordement côté couchantTrès fort95 000 à 140 000 R$Continuité visuelle entre l’eau et le ciel au coucher du soleil. Impose une goulotte, une bâche tampon plus grande et une pompe dédiée.
Passerelle affleurante à 5 cm sous l’eauTrès fort45 000 à 70 000 R$Effet de marche sur l’eau, très photogénique. Structure indépendante posée sur plots protégés.
Tables et hamacs sur pieux dans 40 cm d’eauFort35 000 à 55 000 R$Étend le restaurant sur le lagon. Exige des appuis conçus dès l’origine, sans percement de la membrane.
Banquette immergée à bulles le long de la rive du restaurantMoyen38 000 à 60 000 R$Un surpresseur et une rampe de diffuseurs, à faire poser pendant le gros œuvre.
Brasero sur l’îlot rocheuxMoyen12 000 à 20 000 R$Point de rassemblement le soir, faible investissement.
Sonorisation subaquatiqueFaible25 000 à 40 000 R$Effet de niche. À arbitrer en dernier.

Deux options méritent une décision avant le terrassement, car elles sont impossibles à rajouter ensuite : le bord à débordement côté couchant, qui impose une goulotte, une bâche tampon plus grande et une cote de rive différente, et les appuis des tables ou hamacs dans l’eau, qui doivent être intégrés au complexe d’étanchéité dès la conception.

9. Risques et points de vigilance

RisqueManifestationParade retenue
Nappe phréatique hauteLa membrane se soulève en cloque quand le bassin est vidangé ou que la nappe remonte en saison des pluies.Sondage SPT avec relevé de nappe avant toute décision, drain périphérique et puits de décompression à clapet chiffrés au poste B.
Sol sableux et stabilité des talusEffondrement des berges pendant le chantier et déformation du profil sous l’eau.Pente maximale 1:3 en zone de nage, 1:4 sous le sable, 1:8 sur la plage. Compactage contrôlé du fond de forme.
Racines des arbres conservésPerforation de la membrane à moyen terme par les racines des arbres visibles au nord du plan masse.Purge des racines dans l’emprise, barrière anti-racines rigide en périphérie, ou abattage des sujets les plus proches.
Sable éolienLe vent d’est charge en permanence le plan d’eau en sable qui décante au fond et abrase la membrane.Écran végétal au vent, robot de fond quotidien, et sable de fond distinct du sable de plage.
Zone morte sous la terrasseAbsence de circulation, sédimentation, odeurs et gîte larvaire de moustiques.Deux buses de retour orientées sous la terrasse, hauteur libre minimale de 70 cm entre l’eau et le dessous de la dalle, trappe de visite.
Traversées de membrane sous la terrasseChaque poteau descendu dans le bassin est un point de fuite structurel et permanent.Terrasse en porte-à-faux depuis une poutre de rive implantée hors d’eau, solution retenue au poste H. À défaut, manchettes soudées à bride sur platine béton.
Cyanobactéries à 30 °CEfflorescence verte en quelques jours si le chlore libre tombe sous 0,3 mg/L.Régulation ORP en continu, ultrasons permanents, alarme de télémétrie sur dérive du potentiel redox.
Responsabilité civileUne profondeur de 1,80 m sans surveillance engage la responsabilité de l’exploitant, indépendamment du classement réglementaire du bassin.Signalétique de profondeur, matériel de sauvetage, règlement affiché, déclaration explicite à l’assureur et vérification du statut auprès de la Vigilância Sanitária de Parnaíba.

Sur le statut réglementaire

Le parti d’un bassin « décoratif à baignade libre » n’est pas, en soi, un statut juridique. Dès lors que des clients payants se baignent, la Vigilância Sanitária locale peut considérer l’ouvrage comme une piscine d’usage collectif, avec les obligations d’analyse et de résiduel désinfectant correspondantes. La chaîne de traitement retenue satisfait ces exigences sans modification : c’est une raison de plus de ne pas descendre au scénario économique. Point à faire confirmer par écrit auprès de la Prefeitura de Parnaíba avant le dépôt du projet.

10. Prochaines étapes

  1. Sondage géotechnique SPT avec relevé de nappe — préalable bloquant. Le niveau de la nappe peut renchérir le poste terrassement de 50 000 R$ ou, dans le pire des cas, imposer de relever le fond du bassin.
  2. Arbitrage sur le bord à débordement et les appuis dans l’eau — décisions à prendre avant le projet exécutif.
  3. Confirmation du statut sanitaire auprès de la Prefeitura et de l’autorisation de prélèvement au puits pour 1 560 m³ par an.
  4. Consultation fournisseurs sur les trois postes les plus dispersés : géomembrane posée et soudée, groupe de filtration complet, structure du porte-à-faux de terrasse.
  5. Coordination avec le projet du restaurant — la cote de la dalle de terrasse et la cote du plan d’eau doivent être arrêtées ensemble, la hauteur libre de 70 cm étant non négociable.